Trois cas, trois mécanismes
Chaque cas montre un mécanisme que la comptabilité n'affiche pas. Aucun ne se transpose aux deux autres : c'est le point.
Sur les 3 cas, 1 traverse le moteur — mêmes comptes, même cascade, même formule que le rapport d'un client. Les 2 autres portent des chiffres déclarés, cohérents entre eux et vérifiés par le code, mais non calculés par le moteur. La différence est écrite plutôt que masquée.
Le bureau d'ingénieurs, et sa marge de sécurité
Presque toute la charge ne bouge pas. L'écart au point mort tient sur peu.
- Ce que les comptes montrent
- Des produits de 2 800 000 francs. Les charges qui ne baissent pas quand l'activité baisse pèsent 2 273 000 francs, soit l'essentiel du total. Le compte de résultat est bénéficiaire, et rien n'y signale que la structure est tendue.
- Ce que la lecture ajoute
- Le taux de marge sur ce qui suit l'activité est de 90,7 pour cent, ce qui place le point mort à 2 505 669 francs. L'écart au chiffre d'affaires est de 10,5 pour cent. Ces nombres sortent du moteur, sur les mêmes comptes et la même cascade que le rapport d'un client : le calcul se conteste, une affirmation ne se contesterait pas.
Aucune entreprise réelle n'est décrite, et aucun chiffre ne vient d'un mandat de client.
Le garage, et sa saisonnalité
Le point mort annuel est atteint. Le quatrième mois ne l'est pas.
- Ce que les comptes montrent
- Un chiffre d'affaires de 1 240 000 francs, un point mort annuel à 1 169 492 francs. L'année couvre ses coûts, le bilan ne montre aucune tension, et le résultat est positif. Les comptes annuels ne portent qu'un total : ils additionnent l'année sans dire comment elle se répartit, et rien dans leur forme ne réclame ce détail.
- Ce que la lecture ajoute
- Ramené au mois, le seuil est de 97 458 francs, et 4 mois passent en dessous. Le cumul des écarts creuse la trésorerie jusqu'à 88 512 francs au mois 4, pour un découvert accordé de 45 000 francs : 43 512 francs au-delà. Les deux chiffres sont vrais, l'annuel et le mensuel, et un seul se voit dans les comptes. Le découvert n'est pas une ligne du bilan au bouclement : il se creuse et se referme entre deux dates, et l'exercice se solde comme si de rien n'était. Ce que la lecture ajoute n'est pas un chiffre de plus, c'est le rythme.
Aucune entreprise réelle n'est décrite, et aucun chiffre ne vient d'un mandat de client.
L'agence, et sa dépendance client
Le client le moins rentable est celui dont le départ coûte le plus.
- Ce que les comptes montrent
- Un chiffre d'affaires de 960 000 francs, un résultat de 5 344 francs. Un donneur d'ordre en représente 54,0 pour cent, et la comptabilité ne dit pas lequel rapporte quoi. Elle enregistre des produits et des charges par nature, jamais par client : la question du poids de chacun n'a pas de ligne où se poser.
- Ce que la lecture ajoute
- La marge sur ce client est inférieure de 9,0 points à celle des autres — ce qui ferait croire qu'il pèse peu. Mais les charges qui ne bougent pas, 236 000 francs, ne bougent pas : sans lui, à structure inchangée, le résultat passe de 5 344 à -103 520 francs. C'est la dépendance, pas la marge, qui décide. Réduire ce client parce qu'il rapporte moins au pourcentage revient à retirer la part qui porte les charges qui ne bougent pas, et l'arbitrage se fait alors sur le mauvais chiffre.
Aucune entreprise réelle n'est décrite, et aucun chiffre ne vient d'un mandat de client.
Calculer mon point mort
Calculer mon point mortChaque cas montre un mécanisme que la comptabilité n'affiche pas. Aucun ne se transpose aux deux autres : c'est le point.
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